“Biennale de Riga : A l’heure du changement planétaire” paru dans l’Art même #76

James Beckett Palace Ruin 2016. The Former Faculty of Biology of the University of Latvia.
Katrina Neiburga & Andris Eglitis, The Nest, 2018. Courtesy the artists

Les pays baltes n’ont pas de véritable scène de l’art contemporain. En faisant appel à Katerina Gregos pour mettre en place RIBOCA (pour Riga International Biennal Of Contemporary Art) et concevoir sa première édition, Agniya Mirgorodskaya, commissionnaire et fondatrice de la manifestation, a d’emblée propulsé cette nouvelle biennale au plus haut niveau. La curatrice, entourée d’une équipe féminine, propose ici de rencontrer la façon dont une centaine d’artistes, et parmi eux environ un tiers issus des pays baltes, réagissent aux changements vertigineux qui caractérisent le monde actuel[1].

La Lettonie est entrée avec enthousiasme dans l’Union européenne au début de ce siècle en même temps que la Lituanie et l’Estonie et les trois pays baltes appartiennent officiellement à l’Europe du Nord. La région est le point d’ancrage de RIBOCA dont le propos s’étend ensuite à toute l’Europe et au-delà. Dans la Baltique, comme ailleurs, l’inégalité économique croissante générée par la mondialisation a ébranlé les fondements européens. Katerina Gregos élargit le propos à la planète : « Bien que cela puisse être une exagération, il est clair que nous sommes à l’aube d’un nouvel ordre mondial et que la tendance au néo-conservatisme qui s’est emparé de nombreux pays semble devoir se poursuivre »[2]. Le titre de cette première édition, Everything Was Forever, Until It Was No More, est emprunté au livre éponyme d’Alexei Yurchak qui traite de la fin de l’URSS – un phénomène qui était en même temps anticipé et imprévu. Transposé à notre monde et à notre époque, il réfère aux multiples dimensions des changements avec lesquels nous vivons aujourd’hui : climatiques, économiques, démographiques, technologiques, etc… Si les changements font partie de la vie de l’humanité depuis ses origines, ils sont aujourd’hui si rapides que l’humain ne peut plus les intégrer. Les scientifiques utilisent le terme « Grande Accélération » pour désigner leur vitesse exponentielle depuis le milieu du vingtième siècle.

Sans la moindre nostalgie et sans apitoiement, la biennale de Riga examine le présent et se dirige vers le futur. Elle explore la manière dont les œuvres actuelles enregistrent et restituent les transformations du monde, la façon dont elles répondent aux défis de notre époque, les images qu’elles dessinent de l’avenir. RIBOCA vise à brosser « un portrait politique, personnel et existentiel de l’époque sans précédent dans laquelle nous vivons et à relater les changements tectoniques qui se produisent dans le domaine public comme dans le domaine privé »[3]. Les œuvres sont chacune, d’une manière singulière, reliées aux sciences (sciences de la vie et de l’environnement, sciences de la terre et de l’univers, sciences de la matière, sciences humaines et philosophie). Mais les artistes n’en adoptent ni les méthodes, ni les conclusions. Ils s’en emparent librement avec poésie, avec humour parfois et ils ouvrent ainsi des horizons nouveaux, ils produisent des lectures inédites et singulières, capables de penser le monde qui nous entoure et de dessiner des voies pour le présent et peut-être le futur de l’humanité. Comme l’écrivait Félix Guattari, « Il n’y aura de réponse véritable à la crise écologique qu’à l’échelle planétaire et à la condition que s’opère une authentique révolution politique, sociale et culturelle réorientant les objectifs de la production des biens matériels et immatériels. Cette révolution ne devra donc pas concerner uniquement les rapports de forces visibles à grande échelle mais également des domaines moléculaires de sensibilité, d’intelligence et de désir »[4].

La biennale se déroule sur huit sites différents comme autant de chapitres de la thématique qui l’anime. La première étape et le lieu principal se situent dans l’ancienne faculté de biologie, un bâtiment néo renaissance au bord du canal Pilsetas qui sépare la ville médiévale de la ville moderne. S’y ajoutent un appartement bourgeois du début du vingtième siècle, la Residence de Kristaps Morbergs et plusieurs bâtiments industriels – les hangars d’Andrejsala, la friche de l’ancienne usine textile Bolshevicka et d’autres, réhabilités en centres d’art, le Sporta2 Square et le Zuzeum. On trouve encore un centre culturel alternatif, le Kanepes et, à Jurmula[5], une impressionnante gare moderniste dont la forme rappelle celle d’une vague et qui est aussi le seul espace d’art contemporain en Europe qui fonctionne également comme une gare ferroviaire.

Dans le parc qui entoure l’ancienne faculté de biologie, on trouve deux pavillons à regarder et à pénétrer. Le plus éloigné, The Nest, œuvre de Katrina Neiburga (°1978, Riga) et de Andris Eglitis (°1981, Riga) se présente sous la forme d’une yourte de plastique blanc entourée de branchages et de déchets urbains (poutrelles, bâches, câbles électriques, etc.) qui la dissimulent ou la protègent. A l’intérieur, les artistes ont recréé un marécage – une terre humide sans fond, une eau stagnante sur laquelle flottent des objets perdus – bidon, fauteuil, écrans de verre – et où se développe la flore propre à ces biotopes.  En s’approchant du bâtiment principal, une structure architecturale métallique fumante, le Palace Ruinde James Beckett (°1977, Zimbabwe) est inspiré d’une photographie de l’incendie du « Paleis voor Volsvlijt » aux Pays-Bas en 1929. Cette reconstruction d’une image du passé devient une proposition de ruine du futur utilisée dans le présent pour accueillir un programme public d’événements liés à la biennale. Ces deux œuvres résument le propos de RIBOCA : que peut l’art à l’âge l’Anthropocène ?

Anthropocène

Le terme d’Anthropocène[6]a été introduit pour la première fois en 2000 par le climatologue Paul Crutzen. Ce concept, aujourd’hui admis par la communauté scientifique internationale, signifie que, pour la première fois dans l’histoire de notre planète, une époque géologique est définie par l’action d’une espèce qu’elle abrite : l’espèce humaine. Le « système Terre » subit des bouleversements massifs et irrémédiables, il a entamé une mutation irréversible dans un très court laps de temps. Les changements qui accompagnent cette nouvelle ère concernent principalement la nature – la biosphère, l’hydrosphère, la lithosphère, l’atmosphère, la biodiversité – et ils ont conduit notre Terre à une artificialisation dont on ignore les conséquences dans un avenir plus ou moins lointain. Nous nous trouvons dans la position du bateau de Case No 14. The Storm on the Baltic Sea, une vidéo d’animation de Karel Koplimets (°1986, Estonie) : au cœur d’une tempête dans laquelle fiction et réalité se confondent. Une vision de l’avenir pourrait être celle qu’a imaginée Julian Rosefeldt (°1965, Allemagne) dans son film In the Land of Drought : une terre désertée de toute vie, explorée par une armée d’êtres vêtus de blancs. Entièrement tourné à l’aide de drones, il décrit des paysages dépeuplés – citadelles du désert ou charbonnages abandonnés de la Ruhr. Les vues aériennes ôtent tout repère, elles effacent la perspective et transforment les « explorateurs » en insectes. Si le propos d’Alexis Destoop (°1971, Belgique) est du même ordre, il tourne le dos à la science fiction pour s’installer dans le réel. Dans un remarquable dispositif occupant un hangar à Andrjsala, le film Phantom Sun, tourné dans la région frontalière entre la Norvège et la Russie, dépeint des paysages abandonnés, des vestiges militaires ou scientifiques, signes des conflits stratégiques autour des minerais et des routes pétrolières et maritimes. Il brouille les pistes entre le passé idéologico-politique et un présent post-idéologique, jusqu’aux masques à gaz qui terminent le film et qui apparaissent tout autant comme des résidus de conflits éteints que comme des outils indispensables pour affronter la pollution actuelle et future. Avec l’installation de Mario Montiel-Soto (°1976, Venezuela) Permanent storm for a tropical constellation, le visiteur se voit plongé entre art et anthropologie. L’artiste a reproduit en la synthétisant une habitation sur pilotis telle qu’on les trouve à El Congo, au bord du lac Maracaibo (Venezuela), une région menacée par l’exploitation pétrolière. Le visiteur emprunte une passerelle sur un plan d’eau pour pénétrer dans la maison où se trouvent objets, textes, photographies et vidéos, témoignages d’un mode de vie alternatif. Le travail de Maarten Vanden Eynde (°1977, Belgique) interroge les processus de mondialisation actuels. Ici, il a conçu une sculpture où se superposent un autobus, une camionnette, une motocyclette, un vélo, une radio, un transistor et un téléphone. Tous ces éléments, anciens fleurons de l’industrie lettone, se retrouvent enfilés sur une aiguille géante. A l’ancienne usine textile Bolshevichka, il présente Cosmic Connection, des restes d’objets technologiques – circuits imprimés de téléphones et d’ordinateurs – soudés ensembles pour former une antenne parabolique. Par delà les destructions, de nouvelles formes de vie prennent forme. En 2016, Diana Lelonek (°1988, Pologne) a fondé le Center for Living Thingsdans le but d’examiner, de collecter et de vulgariser les connaissance sur les nouvelles formes hybrides de la nature. Elle présente une série de vitrines dans lesquelles elle a placé des déchets (bouteilles, cordes, mousse polyuréthane, etc.) trouvés dans les décharges. Dans chacun d’eux, des organismes vivants se développent, parfois des éléments nouveaux, hybrides d’objets fabriqués et de nature, s’y créent.

Alexis Destoop Phantom Sun, 2017 (installation view) Two-channel video installation, colour, sound, 19’ 4”
 Supported by Argos, Brussels
 Courtesy of the artist

La vitesse des changements interroge aussi la science et l’histoire. Dans le hall de la faculté de biologie, Stelios Faitakis (°1976, Grèce) a installé six peintures monumentales qui semblent être là depuis toujours. Elles s’inspirent de la peinture byzantine et plus précisément des iconostases des églises orthodoxes. La science y est dépeinte comme une nouvelle religion avec ses saints, ses dogmes, sa sainte inquisition, ses hérésies, ses fidèles et ses infidèles. Avec The Science Question in FeminismKristin Hamilton (°1978, Suède) s’attache à montrer l’inégalité entre les sexes dans le domaine scientifique académique. L’artiste a disposé dans différents endroits de la Faculté, des vitrines miniatures mettant en vedette d’importantes femmes scientifiques de la région. Un musée de zoologie est encore présent dans le bâtiment. Erik Kessels (°1966, Pays-Bas) a déposé des photos de famille trouvées dans ses vitrines. Ces images représentent des humains dans des postures étranges et fonctionnent avec humour au milieu des animaux empaillés ou conservés dans du formol. Dans la cour de Sporta2 square, il propose une grande installation où des images aériennes sont assemblées sur des panneaux publicitaires. L’artiste a récolté des photographies de la « Chaine de la liberté »[7]qui évoque un épisode précis de l’histoire des pays baltes ; l’évocation de l’évènement pose la question de la participation démocratique aujourd’hui. La manière dont nos sociétés industrielles regardent le reste du monde est au centre du propos d’Eli Cortinas (°1979, Espagne). L’artiste a réalisé une vidéo de montage qui se déploie sur trois écrans en récoltant des images de films existants. A côté des nombreux films de Tarzan, on reconnait Les Statues meurent ausside Chris Marker et Alain Resnais ou Orphéede Jean Cocteau. Cortinas contribue ainsi à déconstruire les artefacts de la civilisation occidentale.

Erik Kessels, Chain of Freedom. Courtesy of the artist

Le minuscule et fragile être humain

Dans son livre Comment la terre s’est tue[8], David Abram dans en appelle à la magie des sens pour retrouver les relations entre l’air, la terre et les vivants. Un chapitre de RIBOCA, The Sensorium: A Laboratory for the Deceleration of the Body and for a new Politics of the Sensesy contribue. Solvej Helweg Ovesen, sa curatrice, propose diverses explorations des sens négligés en faveur de la vue, il s’agit ici de privilégier l’odorat, le goût, le son et le toucher. Ziggy and the Starfish, l’installation vidéo de Anne Duk Hee Jordan (°1978, Corée) s’apprivoise dans un grand lit commun, isolé de l’espace par un baldaquin. Les visiteurs dans sont invités à s’y coucher pour apprendre quelque chose de la vie sexuelle dans les océans et découvrir comment le changement climatique hydrosphérique la modifie. Cette approche sensorielle et ludique est complétée par une œuvre librement didactique, Changing Sex in Ecology. De grands panneaux comportant des textes, des photographies, des dessins et des vidéos documentent son enquête sur les transformations de genre des organismes vivants sous l’influence des polluants chimiques. Viron Erol Vert (°1977, Allemagne) a conçu un espace immersif baigné de lumière ambrée (la mer Baltique a été baptisée « mer d’ambre ») dans lequel différents artistes ont été invités à composer des voyages sonores. Sissel Tolass (°1963, Norvège) est artiste et chimiste. Elle travaille sur les odeurs qu’elle récolte et emprisonne pour fabriquer une vaste archive olfactive. Elle s’en sert aussi pour constituer des cartographies olfactives. Dans la faculté de biologie, elle intervient dans l’ancien laboratoire de chimie avec une installation où neuf objets en verre contiennent chacun une odeur. Dans le Sensorium de l’Art Station Dubulti elle propose au visiteur les odeurs de la mer et des rivages autour du golfe de Riga (et elles n’ont rien de poétique…).

Ariane Loze, Vue de l’installation. Courtesy of the artist.

Aux lendemains de la Première Guerre mondiale, Walter Benjamin écrivait « Une génération qui était encore allée à l’école en tramway hippomobile se retrouvait à découvert dans un paysage où plus rien n’était reconnaissable, hormis les nuages et, au milieu, dans un champ de forces traversé de tensions et d’explosions destructrices, le minuscule et fragile corps humain »[9]. Un siècle plus tard, la description que le philosophe allemand faisait du soldat de la Grande Guerre, est transposable à chaque humain. Les œuvres montrées au Zuzeum se consacrent aux manières dont les humains vivent ces changements. AvecMikado, une installation sonore conçue pour une seule personne à la fois, Hans Rosenstein (°1978, Finlande) s’adresse directement au visiteur : dans l’espace plongé dans l’obscurité, une voix s’approche de lui, l’interpelle et l’invite à une introspection. Le malaise ressenti dans un monde qui nous parait de plus en plus opaque est au cœur des dialogues/monologues des personnages des films d’Ariane Loze (1988, Belgique). Elle propose une installation qui réunit deux vidéos différentes de sa série « MÔWN »[10].Impotences’articule autour du vertige – l’asymétrie entre l’action et la volonté, entre la morale et l’empathie – que ressent aujourd’hui toute une génération de jeunes adultes. L’artiste assume les quatre rôles, qui deviennent aussi quatre faces d’une même personne. La deuxième, Inner Landscape, réunit elle aussi quatre femmes – peut-être sont-ce les mêmes quelques temps plus tard – et apparait comme une suite à la première. Plus mobile, tournée en extérieur, elle ouvre à une solution utopique : tout reprendre à zéro. C’est ce qu’on fait les personnages de Pickled Long Cucumbers, la vidéo de Katrina Neiburga qui décrit avec humour et poésie le trio familial – père, mère, fils – revenu à la « pureté » de la vie naturelle dans un marais à l’orée d’une forêt. Ils se dépouillent de leurs vêtements et affrontent les éléments. Mais la civilisation est encore toute proche comme le prouvent l’invasion d’une musique techno et les bouteilles de plastique qui flottent autour d’eux.

Nicolas Kozakis & Raoul Vaneigem, Letter to My Children and to the Children of the World to Come

Avec Lettre à mes enfants et aux enfants du monde à venir, Nicolas Kozakis (1967, Belgique) et Raoul Vaneigem (°1934) proposent une autre attitude : celle de considérer les changements de cette nouvelle ère comme une chance d’en finir avec un passé inhumain. Un sous-titre défile sous les images en noir et blanc d’une clarté presqu’aveuglante qui décrivent des paysages grecs (ruines antiques, chantiers navals, barbelés, vergers en fleur, ville moderne) où apparaissent régulièrement deux enfants, le regard fixé sur l’horizon. On peut y lire entre autres « Une civilisation s’effondre, une autre voit le jour. Au malheur d’hériter d’une planète en ruines se mêle un bonheur incomparable : celui d’assister à le lente émergence d’une société telle que l’histoire n’en a jamais connu si ce n’est la folle espérance nourrie par des milliers de générations de mener un jour une existence digne d’un être humain ». C’est peut-être une utopie, mais il est indispensable de s’y essayer…

[1]Le changement tient aussi dans la façon dont les artistes ont été traités : production, rémunération et invitation étaient pris en charge par la biennale. Le fait suffisamment rare pour être souligné.

[2]Katerina Gregos, RIBOCA1 Concept, catalogue de la Biennale, 2018.

[3]Idem.

[4]Félix Guattari, Les trois écologies, Galilée, 1989.

[5]Jurmula est la station balnéaire chic de Riga, située à une trentaine de kilomètres du centre ville.

[6]D’aucun préfèrent nommer cette nouvelle ère « capitalocène » (en mettant ainsi l’accent sur le rôle du capitalisme), d’autres « chtulucène » – un outil pour apprendre à vivre sur une planète endommagée et à rompre définitivement avec la suprématie humaine vis-à-vis des autres espèces. Voir à ce propos Donna Haraway, « Anthropocène, Capitalocène, Plantationocène, Chtulucène » dans Multitudes, n°65, 2016. Quoiqu’il en soit, le changement d’ère résulte de l’activité humaine, je conserverai donc ici le mot « anthropocène ». Comme l’écrit Dominique Bourg, « Les sources comme les conséquences de l’Anthropocène dépassent les seuls capitalisme et civilisation occidentale. En ce sens, c’est bien quelque chose comme le genre humain, en dépit d’écarts de richesse phénoménaux, qui a sous-tendu l’explosion des flux de matières et d’énergie propre à la Grande Accélération. A quoi s’ajoute que tous les peuples vont vivre l’autre versant de l’Anthropocène, celui des réactions du système Terre à nos actions passées ; ils en pâtiront et devront s’y adapter en dépit d’une absence de responsabilité. » (Dominique Bourg, « Anthropocène, questions d’interprétation » in Rémi Beau et al., Penser l’Anthropocène, Presses de Sciences Po (P.F.N.S.P.) « Académique », 2018.

[7]Le 23 août 1989 une chaîne humaine de 675 km à travers les trois pays baltes pour attirer l’attention internationale sur l’occupation soviétique illégale et refléter le désir d’indépendance des trois états.

[8]David Abram, Comment la terre s’est tue. Pour une écologie des sens, Paris, La Découverte, 2013.

[9]Walter Benjamin, « Expérience et pauvreté » dans œuvres II, Folio, 2000.

[10]Dans la série de films vidéo « MÔWN » – Movies on my own -, l’artiste prend en charge tous les aspects de la production : elle joue tous les rôles, mais elle est aussi la réalisatrice, la camerawoman, la scénariste, la directrice artistique, la costumière, la photographe et la monteuse.