Impressions de Venise 2015 (1)

Mercredi 6 mai :

Première journée professionnelle. L’Arsenal et les Giardini sont ouverts aux “professionnels de l’art”, et ils sont nombreux… Je profite de la première heure pour visiter les pavillons devant lesquels, habituellement, de longues queues empêchent toute visite : l’Allemagne, Le Royaume-Uni et la France. Aucun de ces trois pavillons ne me retient particulièrement. Il y a quelque chose d’artificiel dans le “display” du pavillon allemand, j’ai trop de mal avec le kitch pour apprécier le travail de Sarah Lucas dans le pavillon de Grande-Bretagne et l’intervention pseudo écologique de Céleste Boursier-Mougenot me laisse de glace.

Installation vidéo de Hito Steyerl au Pavillon allemand.


Une sculpture mobile de Céleste Boursier-Mougenot au Pavillon français


Une sculpture de Sarah Lucas au Pavillon de Grande-Bretagne

 

Je me rends ensuite à la conférence du Pavillon belge occupé cette année par le projet de Vincent Meessen “Personne et les autres”. L’artiste a invité dix artistes originaires des quatre continents, autant de voix et de positions qui s’associent dans une polyphonie autour des échanges entre l’Europe et l’Afrique pendant la période de la modernité coloniale et ses prolongements. Au centre de l’exposition, le nouveau film de Vincent Meessen retrace et réinterprète le texte de l’ancien étudiant situationniste congolais M’Bello Ya M’Piku écrit en 1968 sous la forme d’une rumba enregistrée à Kinshasa dans le club du légendaire musicien Franco Luambo. Le pavillon dans son ensemble prononce une parole d’aujourd’hui en s’appuyant sur le passé et en dégageant des perspectives pour le futur. Remarquable.

Le drapeau qui flotte au dessus du pavillon est signé Adam Pendleton

  

Quelques images du Pavillon :”Un Deux Trois” de Vincent Meessen

  

“Essay on Urban Planning” de Sammy Baloji 

  

et “M’Fumu” d’Elisabetta Benassi

  
L’après-midi a été consacrée à la visite de l’exposition principale, “All the World’s Future” à l’Arsenal. Son ouverture évoque celle d’un opéra : les néons de Bruce Nauman sont associés aux machettes d’Adel Abdessemed. Autour des installations d’instruments de musique de Terry Adkins, un choeur imaginé par Jennifer Allora et Guillermo Calzadilla déambule sans se soucier de la foule.

   Plus loin, l’installation de Katharina Grosse clôture cette “ouverture”.

 L’ensemble de l’exposition est très fort, il forme une formidable constellation à entrées et lectures multiples. Parmi les oeuvres qui ont plus particulièrement retenu mon attention, il y a l’herbier singulier de Taryn Simon

  Le film de Steve McQuenn

   

Et “The Other Memorial” de Sammy Baloji.